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jeudi 11 août 2016

Tropisme IV

Tropismes 
Nathalie Sarraute
Quand Nathalie Sarraute, encore inconnue dans le monde des Lettres, voulut publier ses Tropismes, texte auquel elle travaillait depuis plusieurs années, elle essuya des refus polis. On reconnaissait, certes, la "curieuse subtilité" de l'œuvre (Jean Paulhan), ses "qualités" (Gaston Gallimard), mais elle paraissait "un peu hermétique pour le grand public"... la suite

dimanche 7 février 2016

Le mal marié

Fables 
Jean de La Fontaine 
La Fontaine s'inspire ici d'une fable du légendaire Ésope dont il lit probablement le texte dans la traduction du grec au latin donnée par le Suisse Isaac Nevelet (1610) ; en voici la version française, par Émile Chambry (1927) :
Le mari et la femme acariâtre
Un homme avait une femme qui était rude à l'excès envers tous les gens de la maison. Il voulut savoir si elle avait la même humeur envers les domestiques de son père, et il l'envoya chez lui sous un prétexte spécieux. Quand, après quelques jours, elle fut de retour, il lui demanda comment les gens de sa maison l'avaient reçue. "Les bouviers, répondit-elle, et les bergers me regardaient de travers. – Eh bien ! femme, reprit-il, si tu étais mal vue de ceux qui sortent les troupeaux au point du jour et ne rentrent que le soir, que devait-ce être de ceux avec qui tu passais tout le jour ?"
C'est ainsi que les petites choses font connaître les grandes, et les choses visibles, les choses cachées.
Indiscutablement, Charles Perrault, l'auteur des célèbres Contes, a raison... la suite

mardi 8 septembre 2015

La grossesse d'Emma

Madame Bovary 
Flaubert 

Flaubert, on le sait, n'aimait guère les enfants ; en témoigne cette formule un peu cynique tirée du Dictionnaire des idées reçues, formule qui tient plus, d'ailleurs, du conseil amical que de l'idée reçue : "ENFANTS - Affecter pour eux une tendresse lyrique, quand il y a du monde." Il éleva pourtant avec beaucoup de tendresse et de sollicitude sa nièce, Désirée-Caroline, dont la mère, Caroline, sœur chérie de l'écrivain, était morte quelques semaines après l'accouchement et dont le père avait, d'après son beau-frère, la tête dérangée par le chagrin (Lettre à Louise Colet, 24 septembre 1846).
Il serait donc plus juste de dire que Flaubert exécrait surtout, à titre personnel, l'idée même de procréation ; à un ami il donne, par exemple, ce conseil qu'il suivra d'ailleurs lui-même : ... la suite

Le locataire

L'Ignorant 
Philippe Jaccottet 

C'est toujours avec appréhension qu'on s'apprête à parler d'un poème, surtout s'il s'agit d'un poème de Philippe Jaccottet et, plus encore, de celui qui s'intitule Le locataire : crainte de surcharger de gloses inutiles un texte simple et transparent, nimbé dans son début d'une lumière éclatante comme celle d'une Sainte-Victoire de Cézanne ? Crainte de rejoindre la cohorte vilipendée par le poète des "professeurs de littérature", des "donneurs de leçons" ("Remerciement pour le prix Rambert", 1956) ? Crainte de trahir celui qui a depuis toujours fait profession d'ignorance (socratique?), de discrétion, d'effacement? "L'effacement soit ma façon de resplendir", écrit-il dans Que la fin nous illumine,poème qui figure, comme Le locataire dans un recueil qui a pour titre, justement, L'Ignorant. Définissant sa conception de la traduction (et il a traduit les plus grands, de Thomas Mann (1947) à Homère (1955), de Musil à Rilke...), Jaccottet précise en même temps l'idée qu'il se fait de la poésie : ... la suite

Herborisation

Les rêveries du promeneur solitaire 
Rousseau 

Certains minéraux, comme la calcite, forment parfois des cristaux parfaits ; si l'on brise l'un de ces cristaux, on en obtient d'autres, certes plus petits, mais non moins parfaits. La Nature abonde en objets dont la structure reste identique quel que soit le changement d'échelle : on les nomme aujourd'hui objets fractals et le chou romanesco (Brassica oleracea) en est un exemple familier... Peut-être ne serait-il pas tout à fait déraisonnable de transposer dans le domaine artistique et, spécialement, littéraire, cette particularité. Car bien des lecteurs ont fait cette expérience... la suite

lundi 7 septembre 2015

Exercice

Calligrammes 
Apollinaire 

Voilà bientôt un siècle qu'éclata la terrible guerre de 1914, celle dont on espérait qu'elle serait la « Der des Der » et qu'on fut bien obligé, rétrospectivement, d'appeler Première Guerre mondiale, puisqu'une autre la suivit, ou bien encore Grande Guerre. Grande, elle le fut par sa durée, certes, mais aussi et surtout par le nombre de ses victimes : 19 millions de morts et de blessés, tant  civils que militaires ; la France perdit 131500 soldats et 25% des hommes de 18 à 27 ans.
C'est justement à ces jeunes gens qu'un homme plus âgé, un poète, consacre douze octosyllabes en trois quatrains, presque rien, une simple esquisse... la suite

samedi 5 octobre 2013

La chambre de la tante Léonie

Du côté de chez Swann 
Marcel Proust 
Si Flaubert avait pu connaître la Recherche, peut-être eût-il été tenté d'ajouter un article à son Dictionnaire des idées reçues, encore nommé Catalogue des opinions chic :
 « PROUST. À son nom, s'écrier : « La petite madeleine ! » pour faire accroire qu'on a lu l'œuvre.»              
Aussi est-ce d'une autre pâtisserie proustienne que nous nous occuperons...  la suite

Le texte de Proust lu par Papilio :